Le poinçon or en un coup d’œil
Le poinçon de titre est frappé près du poinçon de maître, ce petit losange qui identifie le fabricant. Chaque titre légal de l’or a son propre dessin. Le carat et le millième disent la même chose dans deux systèmes : 24 carats désignent l’or pur, 18 carats correspondent à 18 parts d’or sur 24, soit 75 %.
| Titre | Carats | Part d’or | Poinçon de titre (ouvrage neuf) |
|---|---|---|---|
| 999 ‰ | 24 carats | 99,9 % | Hippocampe |
| 916 ‰ | 22 carats | 91,6 % | Tête d’aigle dans un octogone, chiffre 1 |
| 750 ‰ | 18 carats | 75 % | Tête d’aigle dans un hexagone, chiffre 3 |
| 585 ‰ | 14 carats | 58,5 % | Coquille Saint-Jacques |
| 375 ‰ | 9 carats | 37,5 % | Trèfle |
Le reste de l’alliage est composé d’autres métaux, par exemple du cuivre ou de l’argent, qui modifient la couleur et la résistance. Plus le carat est bas, plus la part de ces métaux est élevée. Pour replacer ces marques parmi les autres poinçons français, consultez le guide des poinçons des bijoux.
La tête d’aigle : le poinçon de l’or 18 carats
La tête d’aigle est le poinçon de titre des deux plus hauts titres de l’or après l’or pur. Sur un ouvrage neuf, elle désigne :
- l’or 750 ‰, soit 18 carats, quand elle est entourée d’un hexagone et accompagnée du chiffre 3 ;
- l’or 916 ‰, soit 22 carats, quand elle est entourée d’un octogone et accompagnée du chiffre 1.
Le tableau de la douane montre aussi une tête d’aigle plus petite et découpée pour l’or 750 ‰, dite de « petite garantie », ainsi que la tête d’aigle 750 ‰ utilisée pour les ouvrages d’occasion d’origine française. Si vous cherchez le « poinçon or 18 carats » ou le « poinçon or 750 », c’est donc une tête d’aigle qu’il faut repérer.
Un nombre « 750 » frappé seul n’est pas le poinçon de garantie français, qui est un dessin. C’est une indication de titre, que l’on trouve par exemple sur les bijoux suisses, tenus d’indiquer leur titre en millièmes, ou dans le poinçon commun de la Convention internationale. Lisez-le avec les autres marques de la pièce. Page en anglais : 750 hallmark (en anglais).
Coquille Saint-Jacques et trèfle : l’or 14 et 9 carats
La coquille Saint-Jacques correspond à l’or 585 ‰ (14 carats) et le trèfle à l’or 375 ‰ (9 carats). Le tableau de la douane les utilise pour les ouvrages neufs comme pour les ouvrages d’occasion.
Ces deux titres sont entrés dans la loi française avec la loi du 4 janvier 1994. Fin 2004, la distinction entre « or » et « alliage d’or » a été supprimée : aujourd’hui, un bijou peut être vendu sous l’appellation « or » à un particulier dès 375 millièmes. Un bijou en 9 carats peut donc être vendu comme de l’or en France ; en dessous de ce titre, il ne peut pas porter ce nom à la vente au détail. Pages en anglais : 585 (en anglais) et 375 (en anglais).
Le hibou et les autres marques des bijoux d’occasion
Le hibou figure dans la colonne des ouvrages d’occasion d’origine étrangère ou incertaine. Il indique qu’un bijou en or d’occasion a été contrôlé en France alors que son origine n’était pas française ou pas établie. Sur le tableau, il n’est associé à aucun chiffre : il désigne une catégorie d’origine plutôt qu’un carat.
D’autres marques peuvent apparaître :
- ET : bas titre, inférieur à 375 ‰, pour un ouvrage d’occasion d’origine étrangère ou incertaine ;
- Sanglier et aigle : ouvrage mixte or et argent, lorsque le métal accessoire pèse au moins 3 % de l’objet ;
- Poinçon barré d’une ou deux barres verticales : ouvrage où l’or est juxtaposé à un métal commun, à ne pas confondre avec du plaqué or.
Le poinçon de l’or blanc
L’or blanc, l’or jaune et l’or rose d’un même titre reçoivent le même poinçon, car la loi fixe des titres et non des couleurs. Un bijou en or blanc 18 carats porte donc une tête d’aigle comme un bijou en or jaune 18 carats. La couleur blanche ne dit rien du titre : seul le poinçon, ou un essai, le renseigne.
Le poinçon or ancien : dater avec prudence
Un bijou ancien peut porter des marques qui ne figurent plus au tableau actuel. La loi le reconnaît : les ouvrages antérieurs à 1838, et ceux déjà revêtus d’anciens poinçons français de garantie, n’ont pas à recevoir de nouveau poinçon. Le système de poinçons d’État remonte, lui, à la loi du 19 brumaire an VI (9 novembre 1797), qui a remplacé les poinçons des corporations.
Quelques repères aident à situer une pièce, sans la dater à coup sûr :
- une coquille ou un trèfle français renvoie à une période où le 585 ‰ et le 375 ‰ étaient des titres légaux, donc postérieure à la loi de 1994 ;
- un hippocampe renvoie au titre 999 ‰, créé en 2001 ;
- un hibou ne prouve ni l’ancienneté ni une fabrication française : il signale une origine étrangère ou incertaine au moment du contrôle ;
- le poinçon ET peut, selon la brochure de la douane, concerner des ouvrages anciens d’intérêt artistique ou historique.
Avant tout nettoyage, photographiez les marques. Le guide des bijoux anciens hérités explique comment documenter une pièce de famille.
Lire le poinçon d’une bague ou d’une chaîne
Selon les règles de marque de la douane, le poinçon de responsabilité est frappé, sauf impossibilité, sur la partie principale de l’ouvrage, et le poinçon de titre est placé à côté, dans une zone visible. Sur une bague, cherchez à l’intérieur de l’anneau. Sur une chaîne, la marque se trouve sur l’un des éléments d’extrémité, l’anneau ou le cliquet du fermoir.
Quelques conseils pratiques :
- utilisez une loupe de bijoutier (x10) et une lumière douce, puis photographiez la marque bien de face ;
- examinez chaque élément séparément : un fermoir poinçonné ne dit rien d’un pendentif ajouté ;
- une chaîne fine ou une petite bague de moins de 3 grammes peut légalement ne porter que le poinçon de maître.
Si la marque est trop petite ou usée, vous pouvez photographier le bijou et son poinçon pour une première lecture visuelle.
Ce que le poinçon or ne dit pas
Le poinçon annonce un titre. Il ne donne ni le poids, ni la nature des pierres, ni l’état, ni la valeur, et il peut être imité. Pour une vente, une assurance ou une succession, demandez un examen physique à un bijoutier, à un expert ou à un laboratoire ; la page estimation des bijoux explique pourquoi une photo ne suffit pas.