La réponse courte
Un bijou en or est un alliage d’or au titre légal, d’au moins 375 millièmes (9 carats) pour être vendu comme « or » en France. Un bijou plaqué ou en vermeil ne porte de l’or qu’en surface, et une imitation n’en contient pas du tout.
À la maison, vous pouvez repérer beaucoup de faux et de plaqués avec une loupe, un aimant et une lecture attentive du poinçon. Vous ne pouvez pas mesurer le titre de cette façon. Procédez du contrôle le plus doux au plus poussé, et arrêtez-vous avant tout ce qui abîme la pièce.
1. Lire le poinçon d’abord
Cherchez les marques à l’intérieur de l’anneau d’une bague, ou sur le fermoir et les anneaux d’extrémité d’une chaîne. Utilisez une loupe x10 et photographiez chaque marque bien de face.
| Ce que vous voyez | Ce que cela suggère | Ce que cela ne prouve pas |
|---|---|---|
| Tête d’aigle, coquille Saint-Jacques, trèfle, hippocampe | Poinçon de titre français de l’or : 750, 585, 375 ou 999 ‰ | Un poinçon peut être imité ou ne concerner qu’une partie du bijou |
| Hibou | Or d’occasion d’origine étrangère ou incertaine, contrôlé en France | Ni l’âge ni le lieu de fabrication |
| Losange seul, sans poinçon de titre | Poinçon de maître ; un bijou en or de moins de 3 g peut être dispensé du poinçon de titre | Le titre du métal |
| Carré | Poinçon de fabricant d’un ouvrage plaqué | Ce n’est pas de l’or massif |
| Nombre « 750 », « 585 » ou « 18K » seul | Titre annoncé, par exemple sur une pièce étrangère | Aucun contrôle indépendant n’est garanti |
| Aucune marque | Pièce ancienne, étrangère, légère, ou marque usée | Ni que c’est de l’or, ni que c’est faux |
Le détail de chaque marque se trouve dans le guide poinçon or et, pour les marques carrées, dans le guide poinçon plaqué or. Le guide des poinçons des bijoux présente le système complet.
2. Le test de l’aimant : utile pour éliminer
Le fer et le nickel sont fortement attirés par un aimant. L’or massif, lui, est diamagnétique, comme l’argent et le cuivre : il ne colle pas à un aimant. Approchez un aimant puissant du bijou, en dehors du fermoir, qui contient souvent un ressort en acier.
- Nette attraction : la pièce contient un métal fortement magnétique, comme le fer. C’est un signal d’alerte qui justifie une vérification.
- Aucune attraction : cela ne prouve rien. Un bijou plaqué sur du laiton, du cuivre ou de l’argent ne réagit pas non plus.
Ce test sert donc à écarter certains faux, jamais à confirmer de l’or.
3. Observer l’usure, la couleur et le poids
- L’usure. Sur un bijou plaqué, les zones qui frottent (arêtes, fermoir, dessous d’une bague) peuvent laisser apparaître un métal d’une autre couleur. Un bijou en or massif s’use sans changer de couleur, puisque l’alliage est le même dans toute l’épaisseur.
- La couleur. Elle trompe facilement : l’or blanc, l’or rose et l’or jaune peuvent avoir le même titre, et un plaqué peut imiter n’importe quelle teinte. Plus le carat est bas, plus l’alliage contient d’autres métaux, qui peuvent ternir.
- Le poids. Un bijou qui semble très léger mérite un examen plus poussé, mais un bijou creux en or est léger lui aussi. Le poids seul ne tranche pas.
4. Les tests du bijoutier et du laboratoire
Seul un essai du métal mesure le titre. En France, ce sont les bureaux de garantie et les organismes de contrôle agréés par l’État qui garantissent les titres légaux ; un bijoutier peut aussi pratiquer certains tests.
| Test | Ce qu’il mesure | Limites |
|---|---|---|
| Pierre de touche et acides | Le bijou laisse une trace sur une pierre noire, comparée à des touchaux de titre connu sous l’action d’acides | Relativement peu destructif ; demande un opérateur expérimenté et des précautions avec les acides |
| Fluorescence X (XRF) | La composition de la surface du métal, sans l’abîmer | N’analyse que les premiers microns sous la surface ; un plaqué peut fausser la mesure |
| Essai au feu (coupellation) | Le titre par séparation des métaux à haute température | L’une des plus anciennes méthodes connues ; elle exige de prélever un échantillon |
Une étude du GIA conclut que la pierre de touche peut être assez fiable entre des mains expérimentées, et qu’un opérateur attentif peut y repérer un placage. Elle rappelle aussi que la fluorescence X n’est fiable que sur une surface plane et homogène, avec un appareil étalonné sur un alliage comparable.
Ce qu’il ne faut pas faire
Plusieurs « tests maison » très partagés prouvent peu et abîment beaucoup :
- Le vinaigre. L’or ne réagit pas, mais beaucoup d’autres métaux non plus, et un placage d’or ne réagit pas davantage. Un bijou intact après un bain de vinaigre n’est donc pas prouvé en or.
- Le briquet. Une flamme ne mesure pas le titre et peut endommager le bijou, surtout s’il porte des pierres, des perles ou de l’émail.
- Mordre le bijou. Une trace de dents indique une certaine souplesse, pas un titre, et abîme la pièce.
- Les kits d’acides achetés en ligne. Les acides sont dangereux et exigent gants, lunettes et ventilation ; une erreur d’interprétation est vite arrivée. Laissez ce test à un professionnel si l’enjeu est réel.
Quand faire vérifier un bijou en or
Faites examiner le bijou par un professionnel avant une vente, une assurance, un partage successoral, ou quand le poinçon et les autres indices se contredisent. Pour une première lecture sans vous déplacer, vous pouvez photographier le bijou et son poinçon : l’analyse repère des indices visuels, sans valeur d’authentification. La version anglaise de ce guide est ici : how to tell if gold is real (en anglais).