Le poinçon plaqué or : un carré au lieu d’un losange
Sur un bijou en or massif, le poinçon de maître du fabricant a la forme d’un losange, et il est accompagné en principe d’un poinçon de titre comme la tête d’aigle. Sur un bijou plaqué or, la douane indique que le poinçon de maître a la forme d’un carré, pour les ouvrages plaqués fabriqués en France ou introduits d’un autre État de l’Union européenne.
Le décret n° 84-624 du 16 juillet 1984 décrit ce poinçon : un carré parfait pour les ouvrages fabriqués dans les pays de l’Union, et un carré dont un côté est remplacé par un arc de cercle pour les ouvrages venant de pays tiers. Il contient les initiales du fabricant et son symbole. Les mots « plaqué » ou « doublé », ou leur abréviation, peuvent accompagner l’empreinte.
Un bijou plaqué or n’est pas un ouvrage en or au sens de la loi : il ne reçoit pas de poinçon de titre de l’or. Une tête d’aigle, une coquille ou un trèfle ne devraient donc pas figurer sur un bijou vendu comme plaqué or. Pour les poinçons de l’or massif, voyez le guide poinçon or, et pour l’ensemble des marques françaises, le guide des poinçons des bijoux.
Ce que la loi appelle plaqué ou doublé
Le Code de commerce réserve les appellations « plaqué », « doublé » et « métal argenté » aux ouvrages recouverts d’un métal précieux d’au moins 500 millièmes. L’épaisseur minimale de la couche est fixée par l’article 212 A de l’annexe III du Code général des impôts. Pour un ouvrage recouvert d’or ou de platine, la couche doit :
- laisser subsister une ou plusieurs coquilles homogènes de métal précieux, gardant la forme de l’objet, après dissolution du métal de support ;
- atteindre 3 microns pour un bijou, et 5 microns pour un article d’horlogerie, sans tolérance.
En dessous de ces conditions, l’objet ne peut être vendu que comme doré (ou platiné). « Plaqué » et « doublé » obéissent aux mêmes règles dans ces textes.
Plaqué or, doré, vermeil, or massif : les différences
| Appellation | Métal de base | Couche d’or | Marques attendues |
|---|---|---|---|
| Or massif | Or à 375 ‰ ou plus dans toute l’épaisseur | Aucune, l’alliage est le même partout | Poinçon de titre (tête d’aigle, coquille, trèfle…) et losange, sauf dispense |
| Plaqué or ou doublé or | Métal commun | Au moins 500 ‰ et 3 microns | Poinçon de fabricant carré, mention « plaqué » ou « doublé » possible |
| Doré | Métal commun | Inférieure aux conditions du plaqué | Pas d’appellation « plaqué » autorisée |
| Vermeil | Argent à un titre légal | Au moins 750 ‰ et 5 microns | Mention « vermeil » ou « v » ; poinçons de l’argent possibles |
Le vermeil est donc un cas à part : son support est de l’argent, pas un métal commun. Page en anglais : GP, gold plated (en anglais).
Gold filled, or laminé : une appellation américaine
« Gold filled », parfois traduit par « or laminé », est une appellation définie aux États-Unis. Selon la Federal Trade Commission, elle désigne une couche d’or d’au moins 10 carats appliquée mécaniquement sur un métal de base ; si cette couche représente moins de 1/20 du poids du métal, la fraction doit figurer dans la marque, par exemple « 1/40 14K gold overlay ». Les textes français cités ici ne reprennent pas cette appellation : ils parlent de plaqué, de doublé, de doré et de vermeil. Une mention comme « 12K RGP » ou « 1/40 14K gold overlay » se lit donc selon la définition américaine. Page en anglais : GF, gold filled (en anglais).
À ne pas confondre : poinçon barré et bijou mixte
Un poinçon de l’or traversé par une ou deux barres verticales ne signale pas du plaqué. Selon le décret de 1984, il marque un ouvrage où l’or, l’argent ou le platine est juxtaposé à un autre métal : deux barres quand le métal précieux pèse plus de 2 % mais moins de 50 % du poids total, une barre de 50 % à moins de 98 %. En dessous de 2 %, l’ouvrage ne reçoit aucun poinçon de garantie et ne peut pas être vendu sous le nom du métal précieux.
Comment reconnaître un bijou plaqué or
Aucun indice isolé ne suffit, mais plusieurs vont souvent dans le même sens :
- Le poinçon de maître carré, éventuellement accompagné de « plaqué » ou « doublé ».
- L’absence de poinçon de titre de l’or, à interpréter avec prudence : un bijou en or de moins de 3 grammes peut lui aussi en être dispensé.
- L’usure sur les arêtes, le fermoir ou l’intérieur d’une bague, où un métal de couleur différente peut apparaître.
- L’aimant : une forte attraction révèle un métal fortement magnétique sous la surface, un signal d’alerte pour un bijou vendu comme or ; l’absence d’attraction ne prouve rien.
Attention aussi aux mesures de surface. Une étude du GIA rappelle que la fluorescence X n’analyse que les premiers microns sous la surface : sur un objet plaqué, la mesure peut ne pas représenter le métal de dessous. Pour trancher, un professionnel choisit la méthode adaptée. Voyez aussi comment reconnaître de l’or.
Plaqué or et valeur
Une couche de quelques microns contient peu d’or comparée à un bijou massif du même volume. La valeur éventuelle d’un bijou plaqué dépend donc d’autres facteurs, comme la marque, le dessin ou l’état, qu’un poinçon ne suffit pas à établir. Pour une première lecture d’un bijou sans marque claire, vous pouvez photographier le bijou et son poinçon ; le résultat reste une hypothèse, pas une expertise.